| Le choix de la contrainte |
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| Edito - Edito | |||
| Écrit par Philippe Forestier | |||
| Mercredi, 10 Février 2010 11:39 | |||
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On attend parfois beaucoup trop les uns des autres.
On attend beaucoup des syndicalistes, et chaque salarié vient à nous avec une idée précise des services que l'on devrait lui rendre. Cette attente s'accompagne souvent d'une idée, précise elle aussi, des devoirs des syndicats et des syndicalistes. Sans ordre ni hiérarchie, les syndicats devraient "être unis", "faire front", "ne pas céder", "oser s'opposer", "ne pas se compromettre", trouver des solutions"... et ceci n'est que la partie émergée de l'iceberg des attentes des salariés. Quant aux syndicalistes, ils doivent évidement "savoir être disponibles", "être irréprochables", "ne pas profiter du système", "être légitime dans leur métier", "être fiables quand on leur pose des questions".... et la liste peut-être continuée, comme une litanie. Cette série d'attentes est légitime, certes, mais paradoxale aussi... Et nous savons qu'elle pourrait être complétée d'une liste, non moins excessive, de ce que les syndicalistes pensent que les salariés ou l'entreprise devraient être respectivement. En fait, peut être avons nous tendance à reporter sur les autres les contraintes que nous ne voulons ou ne pouvons pas supporter pour nous même ? Et alors ? Alors, il faut reprendre le chemin de "l'émancipation des travailleurs". Redire que la liberté de choix, que nous revendiquons pour les autres et pour nous même s'accompagne aussi du choix de la contrainte. Et qu'il n'y a pas d'action, a fortiori de résultat de l'action, qui ne soit aussi fondé et construit comme un choix des contraintes que nous sommes prêts à a assumer. C'est là que nous pouvons certainement être utiles : aider nos collègues à choisir et assumer les contraintes qui leur permettront de gagner un peu plus de liberté...
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| Mise à jour le Mardi, 20 Avril 2010 18:55 |

