| Un pas en avant… deux pas en arrière ?? |
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| Edito - Edito |
| Écrit par Philippe Forestier |
| Lundi, 10 Octobre 2011 14:26 |
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Au même moment ou presque, deux dossiers sont présentés aux élus de la CFDT au sein des instances de Comité d' Entreprise. Le premier concerne la question de l'emploi en province. Le second les opérations de création de succursales françaises pour le compte de Generali Spa. Le premier montre une volonté de créer des emplois et de répondre au risque de fermeture de sites de l'Entreprise en Province. Le second se soldera certainement par le départ de plusieurs dizaines d'emplois de l'UES. Comment comprendre cette confrontation et ce mouvement contradictoire ? Il faut constater que la "gouvernance", le pilotage de l'Entreprise Generali se fait autant à Trieste qu'à Paris. Durant les années précédentes, la Présidence italienne a mis en place des filiales dans les grands pays (au sens des affaires pour Generali) en leur laissant une large autonomie. Il s'agit de l'Allemagne, de la France et de l'Italie. Ce dernier pays mérite une attention à lui tout seul. Comment la Présidence italienne se sert de l'Europe pour contrôler sa propre maison… L'Italie est un pays non centralisé. Ceci vaut pour la politique et pour les entreprises. Generali n'est pas présent sous une marque unique, elle n'est pas pilotée de façon homogène et on pourrait largement comparer sa conduite des affaires à celle que nous avons connue en France avant la fusion mise ne œuvre par le Président Tendil. Jusqu'à une période récente, il n'y avait pas de "Patron" de Generali Italie. On pourrait croire que cette fonction revenait donc à la Présidence de Generali Spa. Il n'en est rien. Cette absence laissait donc aux patrons des sous ensembles (les entreprises incluses dans le périmètre de Generali Italie) un quasi autonomie sur tous les sujets. Si on ne prend pas en compte le refus de la centralisation des italiens, on ne peut pas comprendre un aspect important du mouvement qui se met en œuvre. Un refus qui, une fois encore, n'est pas propre aux affaires mais à l'ensemble de la vie politique et sociale italienne. En revanche, là où cette résistance n'existe pas, Generali a conduit ses affaires avec pragmatisme. Il suffit de voir la France et toutes les actions d'harmonisation pour le constater. Cet exemple français joue un rôle important car il a fait la démonstration qu'une conduite unie et homogène apporte de l'efficacité dans les affaires… en France. Mais, même dans le "business" la preuve n'est pas toujours déterminante… il faut aussi des circonstances favorables, comme pour toute action humaine. Dans le même temps, la pression des normes, des instances de contrôle, des acteurs du marché (dont les fameuses agences de notation) se fait de plus en plus pressante. D'où il ressort que les responsables italiens ont décidé de créer une seule entité pour gérer les actifs financiers et immobiliers des trois grands apporteurs de Generali : l'Italie, l'Allemagne et la France. Cette décision a du sens. Elle a été précédée par une mise en place d'une coordination de gestion, pilotée d'ailleurs par un français, mais cette "structure molle" a vite trouvé ses limites. Les marchés sont européens et mondiaux, les opportunités et les risques aussi. Etre capable de mobiliser en temps réel des actifs en nombre et de choisir de s'exposer ou de réduire son risque très vite est clairement un enjeu majeur. Car, compte tenu des nouvelles règles de solvabilité mondiale (Solvabilité 2) les actifs et leurs marges (fonds propres et quasi fonds propres) ne sont plus évalués que nationalement. Il est donc devenu essentiel que l'Entreprise Generali Spa prenne désormais la mesure de sa taille et de ses responsabilités. Ce constat n'implique pas que tout cela se fasse contre les salariés. Mais cela implique que la place des sociétés au sein du Groupe Generali Spa change. Et donc que la place des salariés dans les différents pays change également. C'est ce qui se produit aujourd'hui. De plus, il serait illusoire de penser que les dirigeants de l'Italie ne vont pas regarder d'autres métiers, ni chercher d'autres synergies et économies, du moins de leur point de vue. La réassurance pourrait logiquement être concernée, quoi que sa place au sein du Groupe Generali Spa soit complexe. Mais l'informatique sera aussi, le moment venu, regardée sous ce prisme. Ce serait mentir et trahir l'intelligence de salariés de le nier. Là où se boucle une partie du sujet, c'est que c'est en passant par l'Europe que la Direction du Groupe Generali Spa impose ses vues aux Directions des entités en Italie. Ce qui démontre que ce dossier peut avoir sa pertinence européenne, il a aussi sa dimension interne. A cet égard, le rôle de nos élus européen n'en est que plus important. Ce sont les seuls à ce jour qui peuvent prendre la mesure de ces différents niveaux de décision et d'impact. Et donc nous aider à juger ce dossier à la hauteur de ses conséquences. Faire français en Italie et italien en France ! Et alors, la Province française dans tout cela ? Le paradoxe est que ce dossier démontre le poids de l'entreprise Generali France et son importance pour le Groupe italien. En effet, et sans entrer dans les détails d'organisation de ce dossier, je note avec vous deux choses : les engagements de maintient des sites sont validés avec des décisions fermes à deux ans. Et ces décisions ne peuvent être comprises que si on regarde à 10 ans. Car il n'y a pas de maintient des sites actuels sans une continuité de remplacement des salariés partants pendant une décennie. Quelle logique, me direz vous, de centraliser d'un coté et de déployer des emplois supports sur plusieurs sites régionaux d'autre part ? Et bien exactement la même que celle qui me faisait noter que " Mais, même dans le business" la preuve n'est pas toujours déterminante… il faut aussi des circonstances favorables, comme pour toute action humaine." En d'autres termes, c'est bien parce que Generali est en même temps une entreprise qui se centralise et qui reconnaît les cultures locales de ses filiales qu'elle conduit ces deux mouvements contradictoires en apparence… Comment retrousser ses manches… et lesquelles ? C'est bien sûr cette question qui doit conduire notre réflexion et notre action. Comme toujours chez nous, à la CFDT Proximité des salariés, de tous les salariés, pour les écouter et les comprendre. Aide des experts quand il faut pour approfondir. En l'occurrence avocat et experts comptables, et nos élus européens. Et cohérence dans l'action : défendre le droit, tout le droit et tous les droits. Donc savoir quelles garanties obtenir, pour qui et à quel niveau de Direction capable de s'engager. Si le dossier "Province" arrive maintenant, c'est en très grande partie grâce au travail que nous faisons depuis des années. En exigeant sans cesse, en témoignant, en revendiquant. Pour les salariés de Province, comme pour ceux des fonctions financières qui pourraient quitter l'UES, la CFDT n'a jamais été plus utile. Notre syndicalisme ne sera jamais celui qui évite les temps de l'histoire, ni les changements des entreprise. C'est le syndicalisme qui rend ces temps compréhensibles. Un syndicalisme qui aide les collègues, tous les collègues, à trouver par eux même les solutions, les leviers, les outils pour améliorer leurs conditions de travail. Cela s'appelle l'émancipation… Et c'est un (long) sujet, à propos duquel nous aurons bientôt l'occasion de revenir…. |

